La COP 21 et moi, humain vivant sur cette planète

Avec la COP21, de nombreux reportages nous parlent des bonnes habitudes écologiques à avoir pour réduire nos émissions de CO2 : couper l’eau / éteindre la lumière quand on quitte la pièce / trier ses déchets / consommer fruits et légumes de saison / se déplacer à vélo, en transports en commun … et en écoutant ces reportages on s’est tous auto-noté bon citoyen écolo ou peut mieux faire.

Et vous avez peut-être appris comme moi que finalement que ce qui émet le plus de CO2 (donc alourdit notre bilan carbone individuel) dans notre vie de tous les jours ce n’est pas la voiture mais l’alimentaire. Et oui, quid de la tomate mangée hors saison qui a pris l’avion pour arriver sur notre table…

Le début de la COP 21 avec l’arrivée de 150 chefs d’Etat et la fermeture des axes routiers A1, A6… et appel à ne pas se déplacer et même prendre les transports en commun en région parisienne et francilienne ce lundi 30 Novembre 2015 m’a aussi interpelé.

Ça m’a fait penser à un séjour à New York il y a 20 ans avec -17° et plus d’1 mètre de neige et aux messages TV et radios qui demandaient très clairement aux populations d’éviter les déplacements et de rester dans la mesure du possible chez eux. C’est assez impressionnant comme les Américains sont vigilants là-dessus. Ils sont aussi très pragmatiques car, comme ce type de situation est assez courant sur New York (blizzard, tempête de neige…), ils se sont adaptés.

Ainsi les personnes qui travaillent dans les banques, les postes, les écoles etc… ont pour consigne de se rendre dans la succursale, poste ou école la plus proche de chez eux. Ils ne feront sans doute pas le même travail que tous les jours mais ils pallieront aux absences et assureront le service.

Evidemment ça ne peut pas fonctionner sur tous les corps de métier mais avouez que c’est pertinent. Et je me suis demandée si les Franciliens et Parisiens avaient fonctionné de la sorte à l’occasion du blocage des routes pour la COP 21 ou même quand ils font face à des grèves de transport…

Le Travail et Moi, travailleur du tertiaire vivant sur cette planète

Evidemment cette question sur le problème des déplacements pour rejoindre son travail a fait écho à d’autres réflexions. Et je me suis souvenue d’une conférence à laquelle j’avais assisté l’année dernière, organisée par la coopérative des tiers-lieux sur le télétravail et plus généralement les nouvelles formes de travail.

Les exemples donnés par différentes structures présentes sur leur mise en place de nouveaux modes de travail à distance étaient très intéressants mais ce dont je me souviens le mieux, c’est la présentation faite au début de la conférence.

Et oui, un rappel s’imposait sur quelque chose d’évident mais auquel on ne pense pas de prime abord (en tout cas, moi je ne l’avais pas fait).

C’est la révolution industrielle qui est à l’origine du déplacement des personnes vers l’outil de travail. Les usines, la mise en commun des machines et l’avènement de la productivité est à l’origine de ce mode de fonctionnement qui fait qu’on va tous au même endroit au même moment. Ce flot régulier d’humains dans leurs voitures pour rejoindre l’outil de production.

Mais Quid de l’avènement du tertiaire et de son outil magique, j’ai nommé l’informatique avec, cerise sur le gâteau, toutes les technologies innovantes dont internet qui ont quand même sacrément modifié nos façons de travailler.

Mais paradoxalement on fait toujours le déplacement pour se rendre à l’usine (devenu le bureau),  tous à la même heure, sur les mêmes axes, pestant sur le trafic et se stressant pour utiliser l’outil de production qui aujourd’hui n’est plus collectif mais individuel et même majoritairement portable….et s’allume en 30 secondes. On est quand même loin de l’usine où il faut faire les 3/8 pour rentabiliser les machines qui mettent 2 jours à chauffer.

Et oui, on est tous équipés d’ordinateurs portables…pour aller…au bureau. Paradoxal, non ?

Evidemment là encore, cette réflexion ne s’applique pas à tous les corps de métier.

Quid d’un chirurgien sans bloc opératoire ? d’un garage sans outillage ?